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« Je vis maintenant à 100 % »

Michèle Bowley, 55 ans, est en fin de vie. Ses métastases cérébrales sont désormais irréversibles. Comment vit-elle la situation ? Que reste-t-il d’important quand la mort peut frapper à tout moment ? Réponses d’une femme qui entend profiter de la vie jusqu’au bout.

Michèle Bowley

Comment le médecin vous a-t-il annoncé le caractère désormais incurable de votre maladie ?
Michèle Bowley :
il m’a montré des images des métastases cérébrales et m’a expliqué qu’une opération ne changerait rien. À ce stade, je me trouve donc en thérapie palliative. Je tiens à conserver une bonne qualité de vie le plus longtemps possible. Je veux pouvoir continuer à réfléchir et m’exprimer. Je ne veux en aucun cas prolonger indéfiniment mon existence et plonger dans un état végétatif. C’est ce que j’ai expliqué au médecin, qui a fait preuve d’une grande empathie durant cette discussion. Je vis maintenant à 100 % le temps qu’il me reste.

Quelles mesures avez-vous prises avant de rencontrer votre médecin ?
Je me suis bien préparée à la discussion, à parler ouvertement. À cet égard, les supports d'information de la Ligue contre le cancer ont été d'une aide précieuse. J’ai posé des questions sur les chances de guérison et les risques, demandé au médecin ce qu’il recommandait en tant que professionnel. Je suis allée au rendez-vous accompagnée de mon ex-mari, car quatre oreilles valent mieux que deux. J’avais déjà rédigé mes directives anticipées avec l’aide de la Ligue argovienne contre le cancer après le premier diagnostic de cancer.

Vous parlez très ouvertement du peu de temps qu'il vous reste à vivre. Quelles réactions cette attitude suscite-t-elle autour de vous ?
Beaucoup de personnes sont gênées. D’autres s’émerveillent de ma vitalité, qui ne correspond pas du tout à l’image qu’elles se font de la fin de vie. Et de fait, je viens de créer une association qui s'occupe de mon héritage spirituel. Je suis à nouveau très active.

Quelles sont vos priorités à l’approche de la mort, et quels sont désormais les aspects qui paraissent plus secondaires ?
Être confrontée à ma propre finitude a été pour moi l’occasion de constater où j’en étais. Si avant, je cherchais constamment à m’améliorer, aujourd'hui, je m’accepte en toute simplicité. Il m’est désormais plus facile d’accepter les choses telles qu’elles sont. En revanche, mon enthousiasme pour mon travail n’a pas changé d’un iota : je suis devant mon ordinateur dès six heures du matin, et parfois jusqu’à dix heures du soir. Je veux diffuser mes messages, et je reçois de nombreuses réactions qui me prouvent leur importance.

Quels sont ces messages ?
En quatre mots, vis ta vie, maintenant ! Il ne faut pas orienter sa vie en fonction des attentes des autres. Ce n’est qu’en suivant ses idées que l’on peut être heureux et faire le bonheur d’autrui. Je souhaite bien sûr faire également connaître les onze étapes pour renforcer la santé psychique. Elles se révèlent particulièrement utiles dans ma situation actuelle : je vais certes mourir, mais je ne suis pas une victime. Je contrôle toujours une partie de ma vie, je peux rester active, chercher de l’aide, être en contact avec les autres. Je reste aux commandes, en somme. Toute ma vie, j’ai aidé les gens à prendre soin d’eux-mêmes. C’est ce genre de thématiques que je mets en avant sur mon site Internet « Psyche stärken ». La vie est un long apprentissage, jusqu’à la fin.

Avez-vous parfois ressenti de la tristesse ou de l’amertume depuis l’annonce du diagnostic ?
À vrai dire, non. Je m’étais déjà intensément confrontée à la question de la mort lorsque j’ai accompagné ma mère en fin de vie. Je n’ai pas eu de moments de colère, ce qui m’a moi-même un peu surprise. Peut-être parce que j’ai toujours fait ce que je voulais. J'ai derrière moi une vie bien remplie, durant laquelle j’ai appris beaucoup de choses et relevé de nombreux défis. Je suis en paix avec l’idée de partir maintenant. Certaines personnes de mon entourage espéraient un miracle, m’ont suggéré des thérapies spéciales. Mais pour moi, la question ne se pose même pas.

Que faut-il faire de toute urgence en situation palliative ?
Outre les détails à régler sur le plan administratif et financier, certaines questions se posent avec acuité : qui sont les personnes auxquelles je tiens, qui ai-je envie de voir une dernière fois ? Avec qui veux-je me réconcilier ? Mais il est également extrêmement important de prendre soin de soi durant cette phase. En ce qui me concerne, je veux planifier jusqu’aux derniers instants, car je souhaite conserver la même qualité de vie jusqu’au bout. J’habite actuellement dans un logement pour personnes âgées pour être aidée si j’en ai besoin. L’ultime étape sera sans doute un hospice. J’essaie de me soulager au maximum ; je donne mes affaires dès à présent, car la fin peut arriver à tout moment.  

Michèle Bowley dans le foyer de la Ligue suisse contre le cancer
Actualisé le : 16.05.2022

Il y a quelques semaines, votre histoire a connu un tournant. Contre toute attente, les métastases cérébrales ont régressé. Comment vous adaptez-vous à cette nouvelle situation ?
Je suis partagée. D’une part je trouve génial de vivre plus longtemps, des jours, des mois, peut-être une année? Ce fut ma première réaction lorsque j’ai appris la nouvelle. D’autre part, il y a aussi un revers de la médaille. Je dois à nouveau réorganiser complètement ma vie puisque j’étais préparée à mourir. J’étais mentalement prête à cette échéance.  

Vous recevez cette année la Médaille de la Ligue contre le cancer. Que signifie pour vous cette récompense ?
Je suis très touchée et m’en réjouis beaucoup. Cette récompense confirme que mon travail a de la valeur et est apprécié. Il me semble pourtant que je n’ai rien fait de spécial. Je ressens un élan intérieur à transmettre mon message et de ce fait, cela ne nécessite aucun courage particulier. Je souhaite motiver les gens à suivre leur inspiration intérieure, prendre soin d’eux et mener une vie heureuse.

Michèle Bowley est psychologue de la santé. Elle a fondé le service spécialisé en prévention du tabagisme de la Ligue pulmonaire des deux Bâles, a dirigé l’association Gsünder Basel et le programme Santé psychique à Zoug, au sein de Tandem50plus, et a par ailleurs exercé en tant qu’indépendante (psyche-staerken.ch). Elle est également membre active du Conseil des patients de la Ligue contre le cancer. Ses métastases cérébrales lui ont été diagnostiquées à l’automne 2021.

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