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Pour Samra et sa famille, la vie reprend son cours

Samra Sejfic n’a jamais perdu espoir. Malgré ses graves problèmes de santé, elle est toujours restée optimiste. Sa famille et la Ligue soleuroise contre le cancer ont épaulé la jeune femme, mère de trois enfants, durant la pire crise de sa vie. Récit, entre coups du sort et pouvoir des pensées positives.

« Je choisissais mes perruques en fonction de mon humeur. Je pouvais me transformer tous les jours, devenir quelqu’un d’autre en quelque sorte. »

« Papa gagne toujours au Uno », lancent les jumeaux, Nadiya et Adem, 10 ans. Amir, de quatre ans leur aîné, approuve d’un hochement de tête. Mais aujourd’hui, la victoire échappe à Erzan Sejfic, qui finit même dernier. « C’est classique : il suffit d’affirmer quelque chose pour que l’inverse se produise », commente sa femme, amusée. « Perdre au Uno, finalement, quelle importance ? Il y a des choses plus graves dans la vie », ajoute-t-elle. Samra, 38 ans, sait de quoi elle parle : l’an passé, un cancer de l’estomac l’a mise sur le flanc pendant de longs mois.

En février 2022, Samra, qui travaillait encore comme esthéticienne, était littéralement à bout de souffle. « Monter l’escalier jusqu’au troisième étage était un calvaire », raconte-t-elle. Erzan s’est alarmé, car Samra est une femme dynamique, qui a toujours concilié travail et famille sans problème. « Je lui ai dit qu’elle devait voir un médecin de toute urgence », se rappelle le logisticien de 41 ans.
 

Différents diagnostics

Les premiers examens révèlent un trouble sévère du rythme cardiaque. Samra est hospitalisée aussitôt. Les médecins constatent que la partie droite du coeur est hypertrophiée et empiète sur  les vaisseaux pulmonaires. Samra reçoit des médicaments pour fluidifier le sang, mais à peine rentrée chez elle, elle perd connaissance à plusieurs reprises. Retour à l’hôpital. Comme l’état de la jeune femme se dégrade, elle est transférée en urgence dans un établissement plus grand. Dix soirs de suite, elle s’évanouit, toujours à la même heure. Son oncle, médecin en Allemagne, attire son attention sur une réaction allergique extrêmement rare qui peut survenir avec les anticoagulants qu’elle prend. « J’avais des bleus partout », observe Samra.

« Je voulais me sentir bien dans ma peau malgré la chimio et mon crâne chauve. »

De quoi souffre-t-elle au juste ? Personne ne le sait vraiment. La pression sanguine dans les artères pulmonaires est trois fois plus élevée que la normale. « Un médecin m’a dit que je ne récupérerais pas 10 % de ma qualité de vie ; je ne pourrais plus aller au parc avec les enfants », confie la jeune femme, qui a besoin d’un appareil à oxygène. Une greffe cardiaque et pulmonaire est même envisagée et Samra est transférée à l’Hôpital universitaire de Zurich.

Des vomissements répétés révèlent alors la cause de ses problèmes. « Les vomissures étaient noires comme du marc de café », explique la jeune femme. Une biopsie met en évidence des saignements au niveau de l’estomac. Le diagnostic tombe avec la gastroscopie : cancer de l’estomac, un adénocarcinome de deux centimètres sur trois. L’origine des souffrances de Samra est enfin connue. « Je n’ose pas imaginer ce qui serait arrivé si on avait procédé à une greffe du coeur et des poumons… »

  • Samra Sejfic entourée de ses proches 
  • © Gaëtan Bally 
  • © Gaëtan Bally 
  • © Gaëtan Bally 

Une chimiothérapie est engagée aussitôt. Clouée au lit, Samra passe près de deux mois à l’hôpital de Zurich et peut à peine s’exprimer. Durant cette période, elle lit les brochures de la Ligue contre le cancer en ligne avec Erzan. « Quand je pense à tout ce que nous avons traversé… », soupire son mari, les larmes aux yeux, avant de s’interrompre. Il se reprend et poursuit : « Ça a été dur, mais heureusement, Samra a tenu le coup. »

De retour à la maison, la jeune femme doit se soumettre à d’autres chimiothérapies, neuf cycles en tout. Elle perd ses cheveux, ses cils et ses sourcils et se met à porter des perruques. « Je voulais me sentir bien dans ma peau malgré la chimio et mon crâne chauve », avoue-t-elle. Elle essaie de voir le côté positif : « Je choisissais mes perruques en fonction de mon humeur. Je pouvais me transformer tous les jours, devenir quelqu’un d’autre en quelque sorte. »

 

Inquiétudes existentielles

Pour le goûter, Samra sert du gâteau au chocolat, un reste de l’anniversaire d’Amir la veille. « Acheté par moimême », plaisante-t-elle. Depuis qu’elle a été opérée de l’estomac pour son cancer l’été dernier, son oesophage est relié quasi directement à l’intestin grêle. « Mon estomac a maintenant la taille d’une prune. Je suis obligée de manger et boire séparément », explique-t-elle. Elle cuisine toutefois encore avec plaisir. « Mais la pâtisserie, ce n’est pas mon domaine », confie-t-elle. « Faire un gâteau, c’est simple », objecte Adem. « On prend des oeufs, de la farine, de l’eau et du chocolat et le tour est joué ! »

Durant son séjour à l’hôpital, Samra ne s’est pas seulement inquiétée de sa santé, mais aussi du bien-être de ses enfants. Amir, Nadiya et Adem comprennent-ils la maladie de leur mère ? Comment font-ils face à cette situation extrême ? Erzan leur donne des explications sur l’état de Samra et leur insuffle du courage : « Maman est bien soignée, elle va s’en sortir ! » Les enfants réagissent positivement. « Ils se sont montrés très ouverts et compréhensifs », résume Samra. Adem, qui a fait des recherches, a découvert que le cancer de l’estomac représente 3 % seulement des décès par cancer chaque année.

« Mes parents me prennent plus souvent dans les bras. J’ai reçu tellement d’amour. »

La famille n’est cependant pas au bout de ses peines : l’incapacité de travail de Samra entraîne des difficultés financières. L’ancien employeur de la jeune femme s’est borné à continuer de verser le salaire pendant la durée prévue par la loi, soit 30 jours dans son cas selon le code des obligations ; il n’avait pas conclu d’assurance d’indemnités journalières pour elle. Le revenu d’Erzan ne suffit pas pour couvrir les besoins du ménage de cinq personnes. « Comment payer notre loyer ? Et la nourriture ? », se demande le couple avec angoisse. Malgré ces problèmes existentiels, Samra ne voulait en aucun cas recourir à l’aide sociale. « J’ai toujours travaillé depuis l’âge de 15 ans. Pour moi, ce n’était pas une option », souligne-t-elle.

Le service social de l’Hôpital universitaire de Zurich l’a mise en contact avec la Ligue soleuroise contre le cancer. La conseillère, Linda Wälchli, a épaulé la famille et évité le pire : « Samra et Erzan Sejfic auraient dû s’endetter pour surmonter cette mauvaise passe. Heureusement, nous avons pu empêcher cela grâce au soutien financier de la Ligue soleuroise contre le cancer et au fonds d’entraide de la Ligue contre le cancer. C’était aussi très important pour les enfants », explique-t-elle. « Je suis infiniment reconnaissante à Linda Wälchli et à la Ligue contre le cancer de leur soutien ; nos discussions m’ont aidée à garder confiance », déclare Samra.

À présent, elle a repris le travail un jour par semaine comme gestionnaire. Des contrôles médicaux sont programmés tous les trois mois, car il y a toujours un risque que son cancer revienne. Mais Samra refuse de broyer du noir. « Une attitude positive joue un rôle essentiel dans le processus de guérison », affirme-t-elle. « J’ai décidé de ne laisser aucune chance aux pensées négatives. » Le soutien et la gentillesse du personnel soignant, de son entourage et de sa famille l’ont aidée à surmonter la crise. « Mes parents me prennent plus souvent dans les bras. J’ai reçu tellement d’amour », dit-elle. Son cancer a soudé toute la famille encore plus étroitement.

Un jour, Samra aimerait transmettre ses expériences en officiant comme pair pour la Ligue contre le cancer : « Je serais heureuse de soutenir les malades et leurs proches et de les faire profiter de mon savoir. » Mais pour le moment, elle doit récupérer. Elle prévoit de partir en voyage quelques jours avec sa meilleure amie. Celle-ci est venue lui vernir les ongles à l’hôpital quand Samra pouvait à peine bouger. Et cet été, toute la famille prendra des vacances. « Nous ne savons pas encore où nous irons, mais nous nous réjouissons déjà », dit-elle en riant.

Texte : Christian Franzoso, photos : Gaëtan Bally

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