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Ligue contre le cancerLa recherche« La peur peut être un moteur ou un frein »
PréventionRecherche

« La peur peut être un moteur ou un frein »

06. juillet 2026

Les émotions influencent directement les décisions, aussi celles qui concernent notre santé. Qu’est-ce que cela signifie pour la prévention du cancer et comment mieux atteindre les groupes cibles ?

Les émotions influencent les décisions : la peur peut amener à prendre rendez-vous ou produire l’effet inverse.

Professeure Rubinelli, pourquoi vous intéressez-vous à la prévention du cancer ?
Sara Rubinelli : Dans le cadre de mon travail, je vois souvent le même schéma : les gens reçoivent des recommandations mais ne les mettent pas en pratique. Il est possible de prévenir certains cancers ou de les déceler précocement. Mais ces possibilités ne sont pas toujours utilisées. J’ai voulu savoir pourquoi. Avec le temps, j’ai constaté qu’entre l’information et la décision, il y a un fossé considérable. Que comprennent les gens, qu’entendent-ils ? Cela s’intègre-t-il dans leur vie ? Ont-ils le sentiment de pouvoir agir ? C’est là que se joue la réussite ou l’échec de la prévention.

En savons-nous assez sur la prévention du cancer ?
Nous vivons dans un monde où les informations sur la santé sont pléthoriques. Les recommandations scientifiques côtoient des témoignages personnels, des articles de presse et, parfois, des informations erronées. Il faut enregistrer ces connaissances, mais aussi les trier activement. Cela demande du temps, de l’attention et de la confiance en son jugement personnel. Ce qui compte, c’est moins la quantité de connaissances que les conditions dans lesquelles une véritable compréhension se développe.

La communication joue sans doute aussi un rôle clé dans ce processus.
Oui. Que ce soit sur les réseaux sociaux, sur les sites internet ou dans les campagnes, la communication détermine si le savoir va se muer en action. Un langage clair permet d’atteindre une foule de personnes différentes. Parallèlement, la communication devrait aussi aider à mieux trier les informations : qu’est-ce qui est important ? Qu’est-ce qui est fiable ? Et qu’est-ce que cela signifie pour moi personnellement ?

La population connaît-elle les recommandations en matière de santé ?
Les gens connaissent les recommandations générales, mais cela ne veut pas dire qu’ils effectuent les examens préventifs. Savoir qu’il y a des examens, ce n’est pas la même chose que comprendre quand ils sont judicieux, pourquoi ils sont importants et comment y accéder.

« Les décisions ne sont pas dictées uniquement par la logique. Nous ne sommes pas des ordinateurs. »

Prof. Sara Rubinelli
Sara Rubinelli, professeure en sciences de la santé spécialisée en communication à l’Université de Lucerne

Pourquoi tant de personnes renoncent-elles aux examens préventifs ?
Pour toutes sortes de raisons. Certaines ont peur du résultat, d’autres sous-estiment leur risque. À cela s’ajoutent des obstacles pratiques tels que manque de temps, processus peu clairs ou accès compliqué. Souvent, on a un mélange de tout cela : on hésite, on repousse et, finalement, on renonce. L’important, c’est de comprendre ces schémas. Les décisions ne sont pas dictées uniquement par la logique. Nous ne sommes pas des ordinateurs.

Quel rôle jouent donc nos émotions ?
Elles ont une influence directe sur les décisions. La peur peut amener à prendre rendez-vous ou produire l’effet l’inverse. La confiance envers les médecins ou les institutions rend les recommandations crédibles, alors que la méfiance pousse souvent à chercher d’autres sources. Ces émotions influencent l’attitude face à la prévention.

La prévention est aussi au cœur de votre projet de recherche actuel.
Oui, nous planifions une étude auprès de 2500 personnes dans toute la Suisse pour mieux comprendre la prévention du cancer sous l’angle de la population : que savent-elles, que croient-elles, que font-elles ? En complément, nous menons des interviews pour mieux comprendre leurs expériences. Nous nous intéressons également à la façon dont les institutions informent et nous comparons cela avec ce dont les gens ont réellement besoin afin d’identifier les lacunes et de mettre en place des améliorations.

Quel objectif poursuivez-vous ?
Nous voulons améliorer la prévention du cancer au quotidien. En même temps, il est clair que c’est toujours l’individu qui prend les décisions concernant sa santé. La recherche et les institutions doivent donc le guider avec des informations solides, compréhensibles et honnêtes pour qu’il puisse faire un choix véritablement libre et éclairé.

Un souhait pour l’avenir ?
J’aimerais que la prévention soit plus facile. Que les informations soient plus claires, que les gens sachent à qui s’adresser et qu’ils se sentent soutenus dans leurs décisions. Si nous parvenons à mettre ce cadre en place, davantage de personnes effectueront les examens préventifs à temps et décideront en toute connaissance de cause. 

Le projet de Sara Rubinelli est soutenu par la Ligue suisse contre le cancer, la Ligue schaffhousoise et la Ligue de Suisse centrale

Autres projets soutenus

Aperçu

Bien des questions sur le thème du cancer sont encore sans réponse. Bien que chaque projet soutenu réponde à une orientation et à des objectifs qui lui sont propres, les différents projets réunis couvrent tout le spectre de la recherche sur le cancer. Un objectif est pourtant commun à tous les projets : améliorer les chances de survie et la qualité de vie des malades du cancer.

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Les personnes concernées, les proches et toutes personnes intéressés peuvent s’adresser à InfoCancer en semaine par téléphone, courriel, chat ou WhatsApp de 10h à 18h.

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