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Ligue contre le cancerA propos du cancerLa vie avec et après le cancerDetlef, le trouble-fête

Detlef, le trouble-fête

Avec sa famille, Nadja vit là où d’autres font de la randonnée. Dans la ferme de montagne, l’animation ne manque pas avec les quatre enfants, les chèvres, les chiens, les chats et les hamsters. Mais depuis cinq ans, Detlef — le cancer du sein de Nadja — joue les trouble-fête.

Les trois chèvres naines occupent Anna (à g.), Leano et Nadja.

Le SMS nous parvient deux jours après la séance photo : « Ha kei Metas. » — pas de métastases. Bonheur sans nuage aujourd’hui, remue-ménage lors du shooting pour la campagne de la Ligue contre le cancer. Entre deux, la peur : un examen d’imagerie est programmé à l’hôpital pour voir si le cancer de Nadja est sous contrôle. Pas de métastases — tout va bien. 

Nadja, 46 ans, traverse des hauts et des bas depuis cinq ans. Beaucoup de vie, de rires et de temps en famille. Mais par moments, le cancer s’en mêle — Detlef, comme l’appellent les Gort. « Nous voulions un nom un peu ridicule qui nous fasse rigoler et, bien sûr, que personne ne porte parmi nos connaissances. »

 

« Je voyais ma vie de maman autrement. »

 

Lors de notre visite, le rendez-vous à l’hôpital n’a pas encore eu lieu. « C’est pour ça que je suis nerveuse aujourd’hui, ce n’est pas seulement à cause du shooting », dit-elle.

Un peu de travers, un peu malmenée par les intempéries et pleine de charme : la maison en bardeaux dans la haute vallée de St. Margrethenberg (SG) est accueillante. Sous les fenêtres, des fleurs de toutes les formes et couleurs ; derrière, un enfant, le nez collé à la vitre. À côté de l’entrée, un banc turquoise. Le banc de Nadja. « Quand je suis fatiguée, je m’assieds là. » Detlef oblige Nadja à faire plus de pauses qu’elle ne le souhaiterait.

Nadja avec ses bichons maltais, Jimmy et Moana.

Pourtant, elle n’a pas l’air d’une femme qui a besoin de beaucoup de pauses. Elle rit aux éclats, a les mouvements et le pas vifs. Avec quatre enfants âgés de 6 à 15 ans, pas le temps de s’ennuyer : Alessia, Adriana, Leano et Anna mettent de l’animation. Sans parler des animaux : trois chèvres naines, quatre chiens, cinq chats dans la maison et encore plus dans l’étable, quatre hamsters et le bétail sous contrat qui reste à la ferme quand il n’est pas à l’alpage durant l’estive. Pendant le récit de Najda, Jimmy, le bichon maltais, se faufile entre nos jambes. « Tout doux, Jimmely », fait-elle en riant et en prenant la petite chienne Moana sur les genoux. 

 

Aussi engagée que possible

Comme si le travail à la ferme ne suffisait pas, Nadja s’engage dans le cadre du Passeport vacances de la région de Sargans ou de fêtes locales. « Je veux montrer aux enfants qu’on peut aussi aider gratuitement. Sans ce bénévolat, de nombreuses manifestations tomberaient à l’eau. » Souvent, elle emmène sa fille aînée Alessia avec elle. Lors de ces activités, elle parle ouvertement des répercussions de sa maladie et réclame des pauses. « Ma fatigue me met parfois en rage. Avant, j’avais tellement d’énergie. Cela me manque. »

Derrière la maison, c’est le paradis. Le regard se pose sur le Falknis et le Glegghorn. Leano est affalé sur une balançoire, sur l’autre, Adriana s’envole. Anna fait coucou à la fenêtre de la maisonnette de sorcière et Alessia coupe de la tresse. Les chèvres naines Luna, Willi et Maja broutent à quelques mètres de là. 

Un foyer accueillant : Nadja vit avec sa famille dans la vallée de St. Margrethenberg (SG).

Moins de patience

À cause de Detlef, Nadja avale un tas de médicaments, est ménopausée et doit faire des contrôles réguliers, ce qui angoisse avant tout son mari Christian et sa fille aînée, car Nadja est une patiente à haut risque. Son cancer, très agressif, progresse rapidement. « Quand j’ai reçu le diagnostic, j’avais peur de mourir de mon cancer du sein. À présent, j’ai peur que le cancer revienne. » D’où son soulagement après la bonne nouvelle en provenance de l’hôpital. En parallèle, Nadja place ses espoirs dans la recherche et participe à une étude sur un nouveau médicament. Son tatouage sur le bras est clair : « No time to die ! »

« Avant, j’avais tellement d’énergie. Cela me manque. »

Les plus jeunes enfants s’inquiètent moins. Pour eux, il est surtout important de savoir que « maman va rentrer après les contrôles ». Mais Detlef reste présent pour eux aussi. Ils l’ont vue perdre ses cheveux durant la chimiothérapie et ils ont compris qu’elle a besoin d’une sieste presque tous les après-midi. « Detlef est nul ! », maugrée Adriana, 10 ans. Nadja ne peut qu’acquiescer. « Il me vole un temps précieux avec mes enfants. Je voyais ma vie de maman autrement. Et puis, j’ai moins de patience qu’avant, cela me désole. » 

 

La peinture pour se ressourcer

À l’intérieur, des vêtements s’entassent sur la table de la cuisine. Nadja s’excuse pour la montagne de linge. « Je n’ai pas réussi à tout finir. » Tous les quinze jours, elle peut compter sur une aide-ménagère. Elle monte à l’étage et revient avec une pile de boîtes si haute qu’elle arrive tout juste à la porter. Chacune contient des cartes postales dessinées avec amour, beaucoup avec des motifs d’oiseaux ou de papillons. La peinture l’aide à se ressourcer. Des taches de couleur et des traces de peinture ornent la table en bois. « Ça ne me gêne pas qu’on voie que j’aime être créative », dit-elle. À Sargans, elle suit une art-thérapie et elle peint quand elle en a l’énergie. Elle dessine des cartes pour sa boutique, « Nadjas Bergstatt ». Elle en choisit quelques-unes qu’elle offre à l’équipe du shooting. 

La chimiothérapie lui a fait perdre ses forces et ses cheveux.

Avant d’habiter dans la vallée, Nadja travaillait dans un bureau à Saint-Gall. Elle a emménagé à la campagne à cause de son mari. Parfois, la ville lui manque. Mais cela passe vite quand elle contemple son petit paradis et que les animaux viennent se frotter contre ses jambes.

 

Ensemble dans les moments difficiles

Christian travaille à 90 % dans une fiduciaire et s’occupe des animaux à la ferme. Pendant le traitement aigu de Nadja, il a atteint ses limites. La peur pour sa femme et les tâches supplémentaires l’ont éprouvé. « Si Detlef nous a appris quelque chose, c’est de faire autant que possible ce qu’on aime et de ne rien remettre à plus tard. ». Aujourd'hui, Nadja et Christian apprécient encore davantage les moments qu'ils passent ensemble.

L’équipe du shooting remballe son matériel. Près de l’entrée, sur le meuble fabriqué par Nadja, Lila somnole, un chat tellement vieux que personne ne connaît son âge exact. À quelques pas de là, le banc appelle Nadja. Elle s’assied, ferme les yeux et appuie sa tête contre le mur de la maison. Fin du remue-ménage pour aujourd’hui : la dernière photo est dans la boîte. 

Comment accompagner les enfants ?

Le cancer d’un parent laisse souvent peu de temps et d’énergie pour la famille. La brochure « Quand le cancer touche les parents » aide les mères et pères concernés et autres personnes de référence à gérer les changements. Elle propose des stratégies pour faire face et des conseils pour aborder le sujet avec les enfants. Elle met en lumière ce que l’enfant ressent, ce dont il a besoin et comment le soutenir.

Comment parler du cancer aux enfants

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