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La Ligue contre le cancer s’étonne des recommandations du Medical Board

02 février 2014
La Ligue contre le cancer recommande les programmes de dépistage par mammographie basé sur des standards de qualité. Comme de nombreux experts et organismes nationaux et internationaux (OMS, UE), elle estime que les bénéfices des programmes de dépistage l’emportent sur les désavantages en faisant diminuer la mortalité, en favorisant une meilleure qualité du dépistage et en contribuant à l’égalité des chances pour les femmes. Le rapport du Medical Board n’apporte pas de données nouvelles et repose sur une méthodique qui ne convainc pas. La Ligue contre le cancer ne voit pour l’instant aucune raison de remettre en cause sa position et regrette que, une fois de plus, les femmes soient déstabilisées.
Le Medical board justifie sa position en invoquant la problématique des faux positifs et du surdiagnostic. Ces problèmes sont inhérents à la nature même de tout examen médical. Ils sont pris en considération dans la pesée des intérêts entre les avantages et les inconvénients du dépistage. De nombreux experts et organisations arrivent à la conclusion que les avantages l’emportent sur les inconvénients. Par ailleurs, l’évaluation des coûts des programmes repose à première vue sur un modèle sommaire. Aucune comparaison avec la littérature scientifique ne figure au rapport, ce qui ne permet pas une discussion éclairée des chiffres avancés. Le rapport du Medical Board ne convainc pas autant au niveau du contenu que de la méthode.

Le rapport est aussi en contradiction avec la Stratégie nationale contre le cancer qui a été adoptée par la Confédération et les cantons en juin 2013 et qui prévoit l’introduction à large échelle des programmes de dépistage basés sur des standards de qualité. La Ligue contre le cancer se réserve l’opportunité d’examiner le rapport dans le détail en le soumettant à une expertise indépendante.

Bénéfices des programmes
L’assurance-qualité est plus facile à mettre en place dans le cadre de programmes. Le programme favorise aussi l’égalité des chances, car la mammographie est prise en charge par l’assurance-maladie de base et toutes les femmes dès 50 ans reçoivent tous les deux ans une invitation à se faire dépister, indépendamment de leur situation personnelle. Les études scientifiques montrent que les programmes de dépistage permettent de réduire la mortalité par cancer du sein à hauteur d’un décès évité pour mille femmes dépistées. Dépisté à un stade peu avancé, le traitement du cancer du sein est souvent moins lourd.

Le dépistage opportuniste n’offre pas les mêmes conditions
Pratiqué à la demande de la femme ou sur conseil du médecin, le dépistage opportuniste n’offre pas les mêmes conditions : il intervient au cas par cas, il n’est pas remboursé par l’assurance-maladie de base, il n’est pas soumis obligatoirement à des critères de qualité, les données ne sont pas systématiquement récoltées, ce qui ne permet pas un contrôle de la qualité.

Toujours à la lumière des avancées scientifiques
La Ligue contre le cancer analyse régulièrement ses prises de position à la lumière des avancées scientifiques. En accord avec l’Office fédéral de la santé publique, la Ligue contre le cancer dirige un groupe de travail pour la révision des critères de qualité en Suisse, dans l’intérêt des femmes. Elle invite les cantons qui ne sont pas encore dotés de programmes à engager les démarches nécessaires pour offrir aux femmes résidentes dans leur canton la possibilité de se faire dépister dans le cadre d’un programme basé sur des standards de qualité. Le cancer du sein est le cancer le plus fréquent chez la femme en Suisse, et aussi le plus mortel. Il frappe 5500 femmes par année, quatre femmes sur cinq ont plus de 50 ans au moment du diagnostic.


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